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MMW Fiscal & Business Consulting

Régime économique et fiscal

La fiscalité des Canaries, conditions comprises

Les Canaries appliquent un régime fiscal propre, autorisé par la Commission européenne. Ce n’est pas un raccourci : chaque dispositif a ses conditions d’accès, ses exclusions et ses obligations de suivi. Cette page décrit les mécanismes ; les chiffres affichés portent leur source et leur date.

4 %Impôt sur les sociétés en ZECsous conditions d'emploi, d'investissement et d'activité
7 %Canaries — IGIC, taux généralcontre 21 % de TVA en Espagne péninsulaire
90 %RIC — dotation maximaledu bénéfice non distribué, réinvesti aux Canaries
45 %Déduction R&D aux Canaries — dépenses de l'exercicedéduction R&D, contre 25 % dans le régime général

Impôt sur les sociétés

Comparer ce qui est comparable

Le taux général espagnol n’est pas toujours le bon point de comparaison : une microentreprise et une entité de dimension réduite relèvent de taux plus bas. Le taux de la Zone spéciale canarienne, de son côté, ne porte que sur une partie de la base imposable. Le graphique situe les taux ; votre situation se détermine au cas par cas.

Impôt sur les sociétés : ZEC et régimes espagnols, 2026

Le taux de 4 % ne s'applique qu'à la part de base imposable issue d'opérations réalisées matériellement dans la ZEC, dans la limite de 1 800 000 € majorée de 500 000 € par poste créé au-delà du minimum (jusqu'à 50 postes), et la réduction d'impôt ne peut dépasser 30 % du chiffre d'affaires net.

BOE — Ley 19/1994, régimen económico y fiscal de Canarias (texte consolidé) (2026) · BOE — Ley 27/2014, impuesto sobre sociedades (texte consolidé) (2026)

RégimeTaux 2026
Canaries — ZEC4 %
Société nouvelle15 %
Microentreprise21 %
Dimension réduite23 %
Régime général25 %
La comparaison utile est celle du taux qui s'appliquerait réellement à l'entreprise : 23 % pour une entité de dimension réduite, 19 %/21 % pour une microentreprise. La ZEC suppose aussi une activité figurant à l'annexe de la loi : le commerce de détail, la finance, l'immobilier, l'hôtellerie et la restauration en sont exclus, comme les centres de services intragroupe.

Zone spéciale canarienne (ZEC)

Un régime encadré, des conditions cumulatives

La ZEC est un régime d’aide d’État autorisé par la Commission européenne, réservé aux entités inscrites au registre officiel. Le taux réduit ne s’applique qu’à la part de base imposable issue d’opérations matériellement réalisées dans la zone, dans une limite liée aux emplois créés, et l’économie d’impôt annuelle est plafonnée par rapport au chiffre d’affaires net. Les conditions qui suivent sont cumulatives.

Siège et direction effective aux Canaries

Le domicile social et le siège de direction effective doivent se situer dans le périmètre géographique de la zone. Un administrateur au moins, ou le représentant légal d’une succursale, doit résider dans l’archipel.

  • Domicile social dans le périmètre de la zone
  • Décisions de gestion prises depuis les Canaries
  • Un administrateur résident dans l’archipel

Investissement minimum

Un investissement en immobilisations affectées à l’activité doit être réalisé dans le délai fixé par la loi après l’inscription. Le montant exigé est plus élevé dans les îles capitales que dans les îles moins peuplées.

  • Immobilisations situées et utilisées dans la zone
  • Délai de réalisation compté depuis l’inscription
  • Biens maintenus pendant toute la période de jouissance

Création nette d’emplois

Un nombre minimum d’emplois doit être créé peu après l’inscription, puis maintenu en effectif moyen. Si l’activité était déjà exercée, la création doit être nette : reprendre un effectif existant ne suffit pas.

  • Délai bref après l’inscription au registre
  • Effectif moyen maintenu dans la durée
  • Seuil plus bas dans les îles moins peuplées

Activités admises et autorisation

L’annexe de la loi est une liste positive : seule l’activité qui y figure est admise. L’inscription est soumise à autorisation, avec une taxe de dossier puis une taxe annuelle de permanence.

  • Commerce de gros admis, commerce de détail non
  • Finance, assurance, immobilier, hôtellerie et restauration exclus
  • Centres de coordination et services intragroupe expressément exclus
  • Autorisation d’inscription limitée dans le temps par le droit européen des aides d’État
Zona Especial Canaria : la règle en vigueur
ÉlémentRègle en vigueurRéférence
Taux applicable4 %Ley 19/1994, art. 43
Base imposable de départ1 800 000 €Ley 19/1994, art. 44.6.b
Majoration par poste au-delà du minimum+ 500 000 €Ley 19/1994, art. 44.6.b
Postes pris en comptejusqu'à 50Ley 19/1994, art. 44.6.b
Plafond absolu de la réduction d'impôt30 % du chiffre d'affaires netLey 19/1994, art. 44.6.b
Au-delà de cette basetaux général de l'IS : 25 % en 2026Ley 27/2014, art. 29.1
Emplois minimum5 à Gran Canaria et Tenerife · 3 dans les îles mineuresLey 19/1994, art. 31.2.e
Investissement minimum, dans les deux ans100 000 € · 50 000 € dans les îles mineuresLey 19/1994, art. 31.2.d
Directionau moins un administrateur résidant aux CanariesLey 19/1994, art. 31.2.a et b

Estimation

Situer un ordre de grandeur

Cet outil applique, aux valeurs que vous saisissez, la formule de la base imposable admise au taux réduit et la limite liée au chiffre d’affaires. Il sert à préparer un rendez-vous, pas à calculer un impôt.

Impôt indirect

L’IGIC n’est pas une TVA moins chère

L’archipel est hors du territoire de la TVA de l’Union : il applique son propre impôt indirect, l’IGIC, avec plusieurs taux, des régimes particuliers et une majoration pour certains commerçants de détail. Le taux général est résiduel : il vise ce qui ne relève d’aucun autre taux.

  • Les achats venus de la péninsule sont des importations, avec les formalités correspondantes.
  • Plusieurs taux coexistent, du taux zéro aux taux majorés, selon le bien ou le service.
  • Certains commerçants de détail supportent une majoration propre à l’archipel.
  • Le gain réel dépend du cycle d’achats et de ventes de l’entreprise, pas du seul écart de taux.

Taxe sur la consommation : IGIC et TVA, 2026

Taux généraux. L'IGIC n'est pas une TVA : les Canaries sont hors du territoire TVA de l'Union, l'impôt compte sept taux et des régimes particuliers, et les achats venus de la péninsule sont des importations.

BOC — Decreto Legislativo 1/2025, texte refondu de l'IGIC (2026) · Code Général des Impôts mauritanien (Ministère des Finances, texte consolidé) (2026) · Tax Foundation Europe — VAT Rates in Europe (relevé de janvier 2026) (2026)

TerritoireTaux général
Canaries — IGIC7 %
Mauritanie — TVA16 %
France — TVA20 %
Espagne — IVA21 %
L'économie réelle dépend du cycle d'achats et de ventes de chaque entreprise. Le taux mauritanien est celui de l'art. 230 du Code Général des Impôts, avec 0 % à l'exportation et un seuil d'assujettissement de 3 000 000 MRU ; le taux de 18 % sur la téléphonie, avancé par des sources professionnelles, ne figure pas dans le code et n'est pas repris ici.

Réserve pour investissements aux Canaries (RIC)

Jusqu'à 90 % de la part du bénéfice de l'exercice non distribuée et provenant d'établissements situés aux Canaries.

BOE — Ley 19/1994, régimen económico y fiscal de Canarias (texte consolidé) (2026)

ÉlémentValeur
RIC — dotation maximale90 %
RIC — délai pour réaliser l'investissement3 ans
RIC — durée de maintien des biens5 ans — 10 ans pour les terrains
RIC — limite pour les personnes physiques (IRPF)80 %
RIC — limite pour la création d'emplois non initiale50 %
RIC — logement touristique (vivienda vacacional)interdit
Trois ans pour investir, cinq ans de maintien des biens (dix pour les terrains), interdiction expresse de matérialiser la réserve dans un logement touristique, et recouvrement avec intérêts en cas de manquement.

Réserve pour investissements (RIC)

Réinvestir sur place, avec un calendrier

La RIC réduit la base imposable à hauteur des bénéfices non distribués provenant d’établissements situés aux Canaries, à charge de les réinvestir dans l’archipel. C’est un avantage conditionnel et surveillé, pas une exonération acquise.

La dotation se calcule sur la part du bénéfice de l’exercice qui n’est pas distribuée et qui provient d’établissements situés aux Canaries ; elle ne peut en aucun cas rendre la base imposable négative. Les sommes doivent ensuite être matérialisées dans le délai légal, en investissements éligibles, et les biens acquis doivent rester affectés à l’activité pendant une durée minimale, plus longue pour les terrains.

Le manquement se paie : la réserve est reprise, avec intérêts de retard et sanctions. Certains points méritent d’être dits avant toute décision. La matérialisation dans un logement destiné à la location touristique est expressément interdite, à l’achat comme à la réhabilitation. Et les mêmes biens ne peuvent pas servir à la fois pour la réserve et pour les déductions pour investissements. Les entrepreneurs individuels y accèdent par une déduction d’impôt, elle aussi plafonnée.

  • Bénéfices non distribués provenant d’établissements situés dans l’archipel
  • Matérialisation dans le délai légal, en investissements éligibles
  • Biens conservés pendant une durée minimale, plus longue pour les terrains
  • Logement touristique exclu, à l’achat comme à la réhabilitation

Compléments du régime

Les dispositifs qui accompagnent les premiers

Le régime économique et fiscal ne se résume pas à la ZEC. Les dispositifs ci-dessous répondent à des situations différentes et ne se combinent pas librement : les limites d’accumulation des aides d’État se vérifient dossier par dossier.

Déductions pour investissements (DIC)

Les déductions espagnoles pour investissements s’appliquent dans l’archipel avec des taux relevés et un plafond d’imputation sur l’impôt plus élevé. Elles couvrent notamment la recherche, l’innovation technologique et les productions audiovisuelles.

  • Taux supérieurs à ceux du régime général
  • Plafond d’imputation sur l’impôt relevé
  • Régime renforcé à La Palma, La Gomera et El Hierro, sous conditions européennes

Bonification pour biens corporels

Une part de l’impôt correspondant aux revenus tirés de la vente de biens produits dans l’archipel par l’entreprise elle-même est réduite : activités agricoles, d’élevage, industrielles et de pêche.

  • Production réalisée aux Canaries par le contribuable lui-même
  • Pêche hauturière : débarquement et transformation dans l’archipel
  • Accessible aussi par une succursale ou un établissement stable
  • Certains secteurs industriels en sont écartés

Zone franche de Gran Canaria

Dans l’enceinte de la zone franche, les marchandises sont entreposées, transformées et distribuées sans droits ni impôts indirects. L’imposition n’intervient qu’à la mise à la consommation ; l’expédition vers un pays tiers y échappe.

  • Enceinte située dans le territoire douanier de l’Union
  • Imposition due seulement en cas de mise à la consommation
  • Une zone franche existe également à Tenerife

AIEM, importations et livraisons

L’AIEM frappe l’importation et la livraison de certaines marchandises pour soutenir la production locale. C’est une charge pour l’importateur et un appui pour le producteur installé dans l’archipel.

  • Liste de marchandises fixée en annexe, avec un taux par catégorie
  • Autorisation européenne limitée dans le temps, avec un écart maximal
  • À intégrer dans le prix de revient à l’importation

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le régime canarien

Non. L’annexe de la loi exclut expressément les centres de coordination et les services intragroupe des catégories concernées. Une demande présentée sur cette base n’aboutit pas. Le régime s’adresse à des activités opérationnelles figurant dans la liste positive, exercées avec une substance réelle aux Canaries.

Non. Le taux réduit ne vise que les opérations matériellement réalisées dans la zone. Une activité conduite en Mauritanie soulève les questions d’établissement stable, de transparence fiscale internationale et d’abus de droit. Nous l’écrivons avant l’étude, pas après.

L’autorisation d’inscription est adossée à la durée du règlement européen sur les aides d’État, et la Commission prépare le texte qui lui succédera. La date limite peut donc évoluer, dans un sens comme dans l’autre. Nous la vérifions au moment de votre dossier, avant tout engagement.

Non. L’interdiction est expresse et vise l’acquisition comme la réhabilitation ou la réforme de logements destinés à la location touristique. C’est une attente fréquente à Gran Canaria et un contentieux évitable : mieux vaut le savoir avant de doter la réserve.

Pas automatiquement. Le taux n’est qu’une partie de l’équation : ce qui compte, c’est le cycle d’achats et de ventes de l’entreprise, la nature des biens ou des services vendus et les formalités d’importation qui s’ajoutent. Le calcul se fait sur les flux réels, pas sur une comparaison de taux.

Cela dépend du dispositif. La ZEC exige le domicile social, la direction effective et un administrateur résident. La bonification pour production de biens corporels reste accessible par une succursale ou un établissement stable. Chaque dispositif a ses propres conditions, à examiner séparément.

Premier échange

Parlons de votre projet

Décrivez-nous votre situation et votre calendrier. Nous vous dirons ce qui est possible, à quelles conditions, et ce qui demande une vérification avant d’engager quoi que ce soit.